Histoire De La Russie
Cet épisode de la chaîne YouTube "Epic History" retrace l'histoire de la Russie des origines jusqu'à la révolution de 1917. Il présente un panorama chronologique des événements marquants, des figures importantes et des transformations qui ont façonné le pays.
Structure de l'épisode :
Origines et fondation de la Russie kiévienne (vers 0:00-3:00): L'épisode débute avec les Scythes, premiers habitants des steppes, puis l'arrivée des Slaves de l'Est et l'unification des tribus sous le chef varègue Rurik, fondateur de la dynastie des Riourikides. On apprend la fondation de la Russie kiévienne, son adoption du christianisme orthodoxe sous Vladimir le Grand et son âge d'or sous Iaroslav le Sage.
L'invasion mongole et la montée de Moscou (vers 3:00-8:00): L'épisode décrit l'invasion mongole, la mise en place de la Horde d'Or et le joug tatar. Il met en lumière l'émergence de Moscou, sa résistance face aux Mongols et son rôle de "troisième Rome" après la chute de Constantinople.
L'unification de la Russie et l'avènement des tsars (vers 8:00-12:00): L'unification de la Russie sous Ivan III est dépeinte, suivie de l'ascension d'Ivan IV, premier tsar de la Russie, connu sous le nom d'Ivan le Terrible. Ses conquêtes, sa modernisation du pays et son règne de terreur sont évoqués.
Le Temps des Troubles et l'avènement des Romanov (vers 12:00-14:00): L'épisode se focalise ensuite sur le "Temps des Troubles" après la mort d'Ivan le Terrible, marqué par l'anarchie et les invasions étrangères. Il présente l'élection de Mikhaïl Romanov comme tsar, inaugurant une nouvelle dynastie.
Expansion et réformes sous les premiers Romanov (vers 14:00-17:00): L'expansion territoriale sous les premiers tsars Romanov est décrite, notamment l'annexion de l'Ukraine orientale et la guerre contre le Commonwealth polono-lituanien. Les réformes du tsar Alexis, notamment le code juridique "oulojénié" qui a instauré le servage, sont également abordées.
Pierre le Grand et la modernisation de la Russie (vers 17:00-20:00): L'épisode consacre une section importante à Pierre le Grand et à sa volonté de transformer la Russie en une puissance européenne moderne. Ses voyages en Europe, la création de Saint-Pétersbourg, ses réformes de l'armée, du gouvernement et de l'éducation sont mis en avant.
L'ère des impératrices et l'expansion territoriale (vers 20:00-28:00): L'épisode présente ensuite les règnes des impératrices Catherine I, Anne et Elizabeth, ainsi que l'exploration de l'Alaska par Vitus Bering. L'accent est mis sur le règne de Catherine II, dite "Catherine la Grande", qui a poursuivi l'œuvre de modernisation de Pierre le Grand. Son mécénat des arts, ses réformes éclairées et ses conquêtes territoriales, notamment l'annexion de la Crimée, sont mis en lumière.
Les guerres napoléoniennes et les réformes d'Alexandre II (vers 28:00-43:00): L'épisode se penche sur les règnes de Paul Ier et d'Alexandre Ier, marqués par les guerres napoléoniennes et la victoire russe sur l'empereur français. L'abolition du servage par Alexandre II est présentée comme un tournant majeur, bien que ses limites soient soulignées. L'expansion de l'empire russe en Asie centrale est également abordée, ainsi que la vente de l'Alaska aux États-Unis.
La fin de l'Empire russe et la révolution de 1917 (vers 43:00-64:00): L'épisode se termine en décrivant les règnes d'Alexandre III et de Nicolas II, marqués par la montée des tensions sociales et politiques. L'assassinat d'Alexandre II par des terroristes est un événement clé. La politique répressive d'Alexandre III et les difficultés rencontrées par Nicolas II sont évoquées. La défaite de la Russie dans la guerre russo-japonaise, le "Dimanche Rouge" et la révolution de 1917 qui met fin à l'Empire russe sont dépeints comme des événements fatidiques. L'épisode se conclut sur la prise du pouvoir par les bolcheviks et l'avènement de Lénine, annonçant une nouvelle ère pour la Russie.
Informations importantes :
- L'épisode met en évidence les influences extérieures sur la Russie, des Vikings aux Mongols en passant par l'Empire byzantin et l'Europe occidentale.
- Il montre comment la géographie de la Russie, avec ses vastes steppes et son climat rigoureux, a influencé son histoire et sa culture.
- Il souligne le rôle de figures clés, comme Rurik, Vladimir le Grand, Ivan le Terrible, Pierre le Grand et Catherine la Grande, dans la construction de l'empire russe.
- Il explore les tensions entre modernisation et tradition, entre autocratie et réformisme, qui ont traversé l'histoire de la Russie.
Conclusion :
L'épisode offre un aperçu complet de l'histoire de la Russie, mettant en lumière les événements et les personnalités qui ont façonné le pays. Il se conclut sur la révolution de 1917, un tournant majeur qui ouvre une nouvelle page de l'histoire russe.
Références :
L'épisode lui-même ne fournit pas de références spécifiques, mais les noms des personnages, des événements et des lieux mentionnés peuvent être utilisés comme mots-clés pour des recherches plus approfondies. Certaines parties de la vidéo sont particulièrement intéressantes :
- La description du règne d'Ivan le Terrible (vers 8:00-12:00) offre un aperçu fascinant de ce personnage complexe.
- Le récit des réformes de Pierre le Grand (vers 17:00-20:00) est essentiel pour comprendre la modernisation de la Russie.
- La présentation du règne de Catherine la Grande (vers 20:00-28:00) met en lumière l'influence des Lumières sur la Russie.
Aux confins de l'Europe et de l'Asie, s'étend une terre immense, modelée par des siècles d'histoire, de conquêtes et de révolutions : la Russie. Depuis les mystérieuses tribus nomades de l'âge du bronze, en passant par l'éclat de la Russie kiévienne jusqu'aux tumultes du XXe siècle, l'histoire de ce pays est une saga captivante qui nous transporte à travers le temps.
Notre voyage commence dans les steppes du sud, habitées par des nomades que l'ancien historien grec Hérodote nommait les Scythes. Ces cavaliers farouches, dont les tombes majestueuses, les kourganes, témoignent encore de leur présence, ont parcouru ces terres pendant des millénaires.
L'arrivée des Slaves de l'Est marque un tournant dans l'histoire de la région. Partageant une langue et une culture commune, ces tribus divisées vont connaître un destin unique grâce à l'intervention des Vikings scandinaves, connus dans l'Est sous le nom de Varègues.
La légende raconte que les Slaves de l'Est, en quête d'un chef pour les unir, firent appel à un chef varègue du nom de Rurik. Ce dernier accepta et établit sa capitale à Novgorod, fondant ainsi une dynastie, les Riourikides, qui allait régner sur la Russie pendant plus de 700 ans. Son peuple, la Rus, donna son nom à la terre, marquant ainsi l'acte de naissance d'une nation.
Le successeur de Rurik, Oleg, conquit Kiev, qui devint la capitale d'un nouvel État : la Russie kiévienne. Un siècle plus tard, Vladimir le Grand, cherchant à tisser des liens plus étroits avec l'Empire byzantin, adopta leur religion et convertit son peuple au christianisme orthodoxe. Il est encore aujourd'hui vénéré comme celui qui a apporté la foi chrétienne à l'Ukraine et à la Russie.
Sous le règne de Iaroslav le Sage, la Russie kiévienne connut un véritable âge d'or. Des lois furent codifiées, de nouveaux territoires conquis, et le pays devint l'un des États les plus puissants et sophistiqués d'Europe.
Cependant, la mort de Iaroslav marqua le début d'une période de déclin. Ses fils, incapables de s'entendre, se livrèrent à des guerres intestines qui fragilisèrent le pays. C'est alors qu'une nouvelle menace, venue de l'est, fit son apparition : les Mongols.
Sous la conduite de Gengis Khan, les Mongols avaient déjà conquis une grande partie de l'Asie. Ils lancèrent un raid à travers les montagnes du Caucase, infligeant une défaite cuisante aux princes kiéviens à la bataille de la Kalka.
Quatorze ans plus tard, les Mongols revinrent, cette fois sous le commandement de Batu Khan. Leur armée gigantesque envahit la Russie, brûlant les villes qui résistaient et massacrant leurs habitants. Novgorod fut épargnée grâce à la soumission de son prince, Alexandre Nevski.
Ce dernier allait devenir l'un des héros les plus vénérés de la Russie en sauvant à nouveau la ville, cette fois-ci des Chevaliers Teutoniques lors de la bataille de la Glace, livrée sur un lac gelé.
Les Mongols, vainqueurs, établirent un nouvel empire, la Horde d'Or, gouverné par un Khan depuis sa capitale à Sarai. Les princes russes, réduits au rang de vassaux, devaient payer un tribut pour éviter des représailles dévastatrices. C'est ainsi que commença le "joug tatar", une période de domination qui allait durer deux siècles.
Malgré l'oppression mongole, Moscou, fondée par le fils d'Alexandre Nevski, Daniel, commença à prendre de l'importance. Dmitri Donskoï, grand prince de Moscou, remporta une victoire décisive contre les Tatars à la bataille de Koulikovo, marquant un tournant dans la lutte pour la libération.
Alors que la Horde d'Or se désintégrait en khanats rivaux, Constantinople, dernier bastion de l'Empire byzantin, tomba aux mains des Ottomans. Moscou, seule garante de la foi chrétienne orthodoxe, fut alors saluée comme la "troisième Rome".
Les grands princes de Moscou poursuivirent leur expansion, annexant Novgorod et forgeant ainsi le premier État russe. Ivan III, confrontant l'armée tatare à la rivière Ugra, les força à battre en retraite, libérant définitivement la Russie du "joug tatar".
Sous le règne de Vassili III, la Russie continua de croître en puissance et en étendue. Son fils, Ivan IV, fut couronné premier tsar de Russie. Surnommé "Ivan le Terrible", il conquit les khanats tatars de Kazan et d'Astrakhan, mais subit une défaite dans la guerre de Livonie contre la Suède et le Commonwealth polono-lituanien.
Ivan le Terrible entreprit des réformes pour moderniser la Russie, mais son règne fut également marqué par la terreur et des exécutions massives, alimentées par sa paranoïa. La Russie, encore vulnérable, fut victime d'un raid des Tatars de Crimée qui incendièrent Moscou.
Après la mort d'Ivan le Terrible, son fils faible et maladif, Fédor Ier, monta sur le trône mais mourut sans héritier, mettant fin à la dynastie des Riourikides. Le conseiller d'Ivan, Boris Godounov, devint tsar, mais après sa mort soudaine, sa veuve et son fils furent assassinés, et le trône usurpé par un imposteur se faisant passer pour le fils d'Ivan le Terrible.
La Russie sombra alors dans une période d'anarchie connue sous le nom de "Temps des Troubles". Des rebelles et des armées étrangères ravagèrent le pays, tandis que la famine et la peste décimaient la population.
En 1612, la Russie était au bord du gouffre. Moscou, Smolensk et Novgorod étaient occupées par des troupes étrangères.
Mais c'est dans l'adversité que naissent les héros. Le prince Pojarski et un marchand, Kuzma Minin, levèrent une milice et libérèrent Moscou de l'occupation polonaise. Cet événement, commémoré chaque année le 4 novembre comme la Journée de l'unité nationale russe, marqua un tournant dans la reconquête du pays.
L'assemblée russe, le Zemski Sobor, décida alors d'unir le pays derrière un nouveau souverain et élut Mikhaïl Romanov, un jeune noble de 16 ans, comme tsar. Sa dynastie allait régner sur la Russie pendant les 300 années suivantes.
Mikhaïl Romanov consolida son pouvoir en négociant la paix avec ses ennemis, ce qui permit à la Russie de se reconstruire. Son fils, le tsar Alexis, promulgua un nouveau code juridique, l'oulojénié, qui transforma tous les paysans russes, soit 80% de la population, en serfs.
Ce système, qui s'apparentait à l'esclavage, allait dominer la vie rurale russe pendant les deux siècles suivants. Le patriarche Nikon, chef de l'Église orthodoxe russe, imposa des réformes religieuses qui divisèrent l'Église entre réformateurs et "vieux croyants", un schisme qui persiste encore aujourd'hui.
Profitant des troubles en Ukraine, les Cosaques ukrainiens, en révolte contre le Commonwealth polono-lituanien, reconnurent le tsar Alexis comme leur suzerain en échange de son soutien militaire. Cela déclencha une guerre de treize ans entre la Russie et le Commonwealth, qui se solda par la victoire de la Russie et l'annexion de l'Ukraine orientale.
Le règne d'Alexis fut également marqué par la révolte de Stenka Razine, un cosaque renégat, qui sema l'anarchie dans le sud de la Russie avant d'être capturé et exécuté. Son successeur, Fédor III, bien que malade, mis en œuvre de nombreuses réformes, abolissant notamment le mestnichestvo, un système archaïque qui accordait les postes gouvernementaux en fonction de la noblesse plutôt que du mérite.
Après la mort prématurée de Fédor III, sa sœur Sofia prit le pouvoir en tant que régente au nom de ses jeunes frères, les tsars Ivan V et Pierre Ier. Son règne fut marqué par la signature d'un traité de paix "éternelle" avec le Commonwealth polono-lituanien et le premier traité entre la Russie et la Chine.
À l'âge de 17 ans, Pierre Ier écarta sa demi-sœur Sofia et prit le pouvoir. Il fut le premier souverain russe à voyager à l'étranger, visitant l'Europe avec sa "Grande Ambassade" pour rechercher des alliés contre l'Empire ottoman et se familiariser avec les dernières avancées scientifiques et technologiques.
Pierre Ier remporta une victoire contre l'Empire ottoman, obtenant Azov et un accès à la mer Noire. Déterminé à transformer la Russie en un État moderne à l'européenne, il imposa des réformes radicales, exigeant des nobles russes qu'ils s'habillent et se comportent comme des Européens, allant jusqu'à taxer ceux qui refusaient de se raser la barbe.
Pierre le Grand construisit la première marine russe, réforma l'armée et le gouvernement, et encouragea le commerce, l'industrie et l'éducation. La Grande Guerre du Nord, qui opposa la Russie, la Pologne-Lituanie et le Danemark à la Suède, marqua un tournant dans la géopolitique de la Baltique.
Après une défaite initiale à Narva, la Russie remporta une victoire décisive à Poltava, écrasant l'armée suédoise de Charles XII. Sur la côte baltique, Pierre le Grand fit construire une nouvelle capitale, Saint-Pétersbourg, qui allait devenir la deuxième plus grande ville de Russie.
Le traité de Nystad, qui mit fin à la Grande Guerre du Nord, consacra la domination russe sur la Baltique. Quatre ans avant sa mort, Pierre Ier fut proclamé "Pierre le Grand, Père de la Patrie, Empereur de toutes les Russies".
Après Pierre le Grand, la Russie fut gouvernée par une série d'empereurs et d'impératrices, dont Catherine I, son épouse, Pierre II, son petit-fils, et Anna Ivanovna, sa nièce. Le règne d'Anna fut marqué par l'exploration de l'Alaska par Vitus Bering, un explorateur danois au service de la Russie.
Elizabeth, fille de Pierre le Grand, prit le pouvoir en déposant Ivan VI, qui passa le reste de sa vie en captivité avant d'être assassiné. Elizabeth, connue pour sa vanité et son extravagance, s'engagea dans la guerre de Sept Ans aux côtés de la France et de l'Autriche contre la Prusse de Frédéric le Grand.
C'est pendant son règne que fut achevé le Palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg, qui allait devenir la résidence officielle des tsars jusqu'à la révolution de 1917. Pierre III, petit-fils de Pierre le Grand, lui succéda. Admirateur de Frédéric le Grand, il fit changer la Russie de camp dans la guerre de Sept Ans, sauvant la Prusse de la défaite.
Ses actions, jugées traîtres par l'armée russe, et son mépris pour sa femme Catherine, conduisirent à sa deposition et à sa mort dans des circonstances suspectes. Catherine devint impératrice de Russie et son règne, considéré comme l'un des plus glorieux de l'histoire russe, allait marquer le pays à jamais.
À l'instar de Pierre le Grand, Catherine II, surnommée "Catherine la Grande", poursuivit la modernisation de la Russie. Férvente admiratrice des Lumières françaises, elle correspondit avec Voltaire et régna en "despote éclairée", promouvant la raison, la tolérance et le progrès.
Sous son règne, les arts et les sciences connurent un essor sans précédent. Des écoles et des universités furent construites, le théâtre Bolchoï fut fondé, et la collection d'art de Catherine la Grande devint la base du célèbre musée de l'Ermitage.
Catherine la Grande encouragea les Européens à s'installer en Russie pour partager leur savoir-faire et favorisa l'immigration de colons allemands dans la région de la Volga. Son règne fut également marqué par une expansion territoriale considérable.
La Russie remporta une victoire contre l'Empire ottoman, gagnant de nouveaux territoires et les forteresses d'Azov et de Kertch. Cependant, Catherine la Grande dut faire face à une révolte paysanne menée par le cosaque Yemelyan Pougatchev, qui fut finalement réprimée.
Catherine la Grande intégra de force les Cosaques zaporogues à l'Empire russe et annexa le khanat de Crimée, mettant fin à trois siècles de menaces sur la frontière sud de la Russie. Les nouvelles terres acquises furent nommées Novorossiya, "Nouvelle Russie", et peuplées de colons russes.
Profitant de la faiblesse du Commonwealth polono-lituanien, la Russie participa à son démantèlement, s'emparant d'une part importante de son territoire. La Pologne ne retrouvera son indépendance qu'en 1918.
Catherine la Grande, horrifiée par la Révolution française, abandonna ses idéaux libéraux et adopta une politique plus conservatrice. Son fils Paul Ier, obsédé par la discipline militaire, lui succéda. Il s'opposa aux réformes de sa mère et engagea la Russie dans une coalition contre la France révolutionnaire.
Le maréchal Souvorov, l'un des plus grands chefs militaires russes, remporta plusieurs victoires contre les Français en Italie du Nord, mais la guerre se solda par un échec. Les réformes impopulaires de Paul Ier et son opposition à la noblesse conduisirent à son assassinat lors d'un coup d'État.
Son fils, Alexandre Ier, monta sur le trône et, partageant la vision de sa grand-mère Catherine la Grande, entreprit de moderniser la Russie. Son conseiller, le comte Mikhaïl Speransky, réforma l'administration et les finances, mais Alexandre Ier refusa d'instaurer une constitution libérale.
Le règne d'Alexandre Ier fut dominé par les guerres contre la France napoléonienne. Après une série de défaites à Austerlitz, Eylau et Friedland, Alexandre Ier conclut une alliance avec Napoléon à Tilsit.
La Russie attaqua la Suède et annexa la Finlande, qui devint un grand-duché autonome au sein de l'Empire russe. En 1812, Napoléon rompit l'alliance et envahit la Russie.
La bataille de Borodino, l'une des plus sanglantes de l'époque, opposa les armées française et russe. Napoléon remporta la victoire, mais l'armée russe resta intacte.
Napoléon occupa Moscou, qui fut ravagée par un incendie, mais Alexandre Ier refusa de négocier. L'armée française, contrainte de battre en retraite en plein hiver russe, fut anéantie.
La Russie, aux côtés de la Prusse, de l'Autriche et de la Grande-Bretagne, poursuivit la guerre jusqu'à la capture de Paris et l'abdication de Napoléon. Au Congrès de Vienne, Alexandre Ier fut proclamé "roi de Pologne" et forma, avec l'Autriche et la Prusse, la "Sainte Alliance" pour empêcher de nouvelles révolutions en Europe.
Dans le Caucase, la Russie menait des guerres contre l'Empire ottoman, la Perse et les tribus locales, repoussant sa frontière vers le sud et intégrant la Bessarabie, la Circassie, la Tchétchénie et une grande partie de la Géorgie, du Daghestan, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie modernes. Cependant, les peuples du Caucase résistèrent farouchement à la domination russe, déclenchant la guerre du Caucase, un conflit brutal qui dura près de 50 ans.
Nicolas Ier, frère d'Alexandre Ier, lui succéda sur le trône. Conservateur et réactionnaire, il s'opposa aux aspirations libérales d'une partie de la société russe, notamment des officiers de l'armée qui avaient été influencés par les idées européennes pendant les guerres napoléoniennes.
En 1825, un groupe d'officiers profita de la confusion entourant la succession d'Alexandre Ier pour tenter un coup d'État militaire. Cette "révolte des décembristes" fut écrasée par les troupes loyalistes et ses meneurs furent pendus ou exilés en Sibérie.
Nicolas Ier instaura une doctrine officielle basée sur "l'Orthodoxie, l'autocratie et la nationalité", rejetant les valeurs libérales européennes. Dans le Caucase, la Russie remporta une victoire contre la Perse, annexant de nouveaux territoires.
Le soutien russe à la Grèce dans sa guerre d'indépendance contre l'Empire ottoman déclencha une nouvelle guerre entre la Russie et la Sublime Porte. La Russie sortit victorieuse, étendant son influence dans la région de la mer Noire.
Une révolte polonaise, menée par de jeunes officiers, fut écrasée par les troupes russes. Alexandre Pouchkine, le plus grand poète russe, fut tué lors d'un duel.
Nicolas Ier, surnommé le "gendarme de l'Europe" pour sa volonté de réprimer les révoltes libérales, envoya des troupes pour aider l'Autriche à étouffer une révolte hongroise. La première ligne de chemin de fer reliant Saint-Pétersbourg à Moscou fut inaugurée.
Alexandre Herzen, un intellectuel critique de l'autocratie russe, émigra à Londres, d'où il continua à appeler à des réformes dans son pays. Il fut plus tard considéré comme le "père du socialisme russe".
L'Empire ottoman, affaibli, déclara la guerre à la Russie en réaction aux provocations russes. La flotte russe de la mer Noire remporta une victoire écrasante à la bataille de Sinope, mais la Grande-Bretagne et la France, alarmées par l'expansion russe et la menace qu'elle représentait pour Constantinople, déclarèrent la guerre à la Russie.
La guerre de Crimée, qui opposa la Russie à une coalition menée par la Grande-Bretagne et la France, mit en évidence la faiblesse de la Russie. Les Alliés débarquèrent en Crimée et assiégèrent Sébastopol, la base navale russe, qui tomba après un siège d'un an.
La Russie, contrainte de signer une paix humiliante, dut retirer ses forces de la mer Noire et renoncer à ses projets d'expansion vers le sud. Alexandre II, fils de Nicolas Ier, monta sur le trône et, conscient du retard de la Russie par rapport à ses rivaux européens, décida d'engager des réformes.
La première mesure d'Alexandre II fut l'abolition du servage en 1861. Acclamé comme le "Libérateur", il libéra des millions de paysans de la servitude.
Cependant, la réalité fut moins glorieuse. La plupart des anciens serfs restèrent piégés dans la pauvreté et la dépendance. Alexandre II poursuivit ses réformes, créant les zemstvos, des assemblées provinciales chargées des affaires locales, notamment de l'éducation et du bien-être social.
En Extrême-Orient, la Russie força la Chine à lui céder des territoires, ce qui conduisit à la fondation de Vladivostok, le principal port russe sur le Pacifique. Un soulèvement polonais et lituanien contre la domination russe fut une nouvelle fois réprimé.
Dans le Caucase, la longue et brutale guerre contre les tribus locales prit fin, les chefs locaux prêtant serment d'allégeance au tsar. En Asie centrale, l'Empire russe continua son expansion vers le sud.
Les armées russes vainquirent l'émirat de Boukhara et le khanat de Khiva, et dans les années 1880, la Russie avait conquis la majeure partie du Turkestan, qui correspond aujourd'hui aux pays du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan, du Kirghizistan, du Tadjikistan et du Turkménistan.
La rivalité impériale entre la Russie et la Grande-Bretagne en Asie centrale donna lieu au "Grand Jeu", une version du XIXe siècle de la guerre froide. Les deux puissances s'affrontèrent par diplomates et espions interposés, cherchant à étendre leur influence et à limiter l'expansion de leur rival tout en évitant une confrontation militaire directe.
La Russie vendit l'Alaska aux États-Unis pour 7,2 millions de dollars. À l'époque, beaucoup d'Américains considérèrent cet achat comme un gaspillage d'argent, l'or et le pétrole n'ayant été découverts en Alaska que bien plus tard.
La fin du XIXe siècle fut un âge d'or pour la culture russe. Des écrivains comme Léon Tolstoï, auteur de "Guerre et Paix", et des compositeurs exceptionnels marquèrent cette période.
La Russie, soutenant les révoltes nationalistes dans les Balkans contre la domination ottomane, entra en guerre contre l'Empire ottoman. Les troupes russes, aidées par les Bulgares, remportèrent la bataille du col de Shipka et assiégèrent Plevna, en Bulgarie.
La Russie et ses alliés sortirent victorieux de la guerre, leurs troupes menaçant Constantinople. Cependant, au Congrès de Berlin, la Russie dut céder à la pression internationale et se contenta de gains limités.
En Russie, les groupes politiques radicaux étaient de plus en plus frustrés par les réformes limitées d'Alexandre II. Plusieurs tentatives d'assassinat furent organisées contre l'empereur.
Alors qu'il s'apprêtait à approuver une nouvelle constitution, Alexandre II fut tué à Saint-Pétersbourg par une bombe lancée par des membres de la Volonté du Peuple, l'un des premiers groupes terroristes modernes au monde. Cet acte de violence marqua le début d'une nouvelle ère de répression.
Alexandre III, fils d'Alexandre II, lui succéda. Convaincu que les réformes de son père avaient conduit à sa mort, il promit de rétablir un régime autocratique.
La police secrète du tsar, l'Okhrana, fut chargée d'infiltrer les groupes révolutionnaires. Les personnes accusées de complot contre le gouvernement furent pendues ou exilées en Sibérie.
Alexandre III, fervent partisan de l'Église orthodoxe, promut une identité nationale russe forte. Les Juifs russes furent victimes de cette politique. Ils avaient déjà été la cible de pogroms, des émeutes antisémites, après l'assassinat d'Alexandre II.
Le gouvernement expulsa 20 000 Juifs de Moscou, et beaucoup d'autres quittèrent le pays. Au cours des 40 années suivantes, environ deux millions de Juifs russes émigrèrent, principalement vers les États-Unis.
Inquiète de la montée en puissance de l'Allemagne, la Russie signa une alliance avec la France, les deux pays s'engageant à se porter assistance mutuelle en cas d'agression. Sergei Witte, nommé ministre des Finances, entreprit des réformes pour moderniser l'économie russe et encourager les investissements étrangers, notamment français.
Les prêts français permirent à la Russie de développer son industrie et ses infrastructures, notamment le Transsibérien, le plus long chemin de fer du monde, qui relie Moscou à Vladivostok. Alexandre III mourut en 1894 et son fils, Nicolas II, lui succéda.
Le couronnement de Nicolas II fut marqué par une tragédie : 1 400 personnes furent tuées lors d'une célébration publique à Moscou. La Chine accorda à la Russie le droit de construire une base navale à Port Arthur.
Lorsque la Chine fut confrontée à la révolte des Boxers, la Russie envoya des troupes en Mandchourie, officiellement pour protéger Port Arthur. Cela provoqua un conflit avec le Japon, qui avait également des visées sur la Mandchourie et la Corée.
Les Japonais lancèrent une attaque surprise sur Port Arthur et infligèrent une défaite à l'armée russe à la bataille de Mukden. La flotte russe de la Baltique, envoyée en renfort, fut anéantie à la bataille de Tsushima.
La Russie, humiliée, dut signer une paix négociée par le président américain Theodore Roosevelt. Pendant ce temps, le tsar était confronté à une grave crise intérieure.
À Saint-Pétersbourg, une grève des ouvriers métallurgistes dégénéra en une manifestation massive. Des dizaines de milliers de personnes marchèrent vers le Palais d'Hiver pour présenter une pétition au tsar, demandant de meilleurs droits pour les travailleurs et plus de liberté politique.
Les troupes ouvrirent le feu sur la foule, tuant plus de 100 personnes. Le "Dimanche rouge", comme on appela cet événement, déclencha des grèves et des troubles dans tout le pays.
L'équipage du cuirassé Potemkine se mutina, tuant ses officiers et prenant le contrôle du navire. Pour désamorcer la crise, Nicolas II publia à contrecœur le Manifeste d'Octobre, qui promettait une assemblée élue et de nouveaux droits politiques, notamment la liberté d'expression.
La première constitution de la Russie fut rédigée l'année suivante. Pour la première fois, le tsar partageait le pouvoir avec une assemblée élue, la Douma d'État, mais il conservait le droit de veto et pouvait la dissoudre à tout moment.
Sergei Witte, qui avait perdu la confiance du tsar, fut limogé. Son successeur, Piotr Stolypine, mit en œuvre une réforme agraire pour aider les paysans et réprima durement les révolutionnaires.
Malgré plusieurs tentatives d'assassinat, Stolypine fut tué par un assassin à l'opéra de Kiev. Pendant ce temps, Raspoutine, un guérisseur sibérien, avait gagné l'estime de la famille impériale grâce à sa capacité à soulager les souffrances d'Alexei, le fils hémophile du tsar.
Malgré des actes de terrorisme sporadiques, la Russie connut une forte croissance économique au début du XXe siècle. La production agricole et industrielle augmentait et la plupart des Russes restaient fidèles au tsar.
En 1914, l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois, à Sarajevo, déclencha une crise européenne. Lorsque l'Autriche-Hongrie déclara la guerre à la Serbie, Nicolas II ordonna la mobilisation de l'armée russe pour soutenir la Serbie, une nation slave.
L'Allemagne, alliée de l'Autriche-Hongrie, considéra la mobilisation russe comme une menace et déclara la guerre à la Russie. Le système d'alliances européennes entra en jeu, et bientôt toutes les grandes puissances furent engagées dans la Première Guerre mondiale.
Une vague de patriotisme déferla sur la Russie. Saint-Pétersbourg fut rebaptisée Petrograd pour effacer sa consonance germanique.
Une première offensive russe en Prusse orientale se solda par de lourdes défaites à Tannenberg et aux lacs de Mazurie. Les Russes connurent plus de succès contre l'Autriche-Hongrie, mais au prix de lourdes pertes.
En 1916, l'offensive Broussilov contre les forces austro-hongroises fut l'une des attaques alliées les plus réussies de la guerre, mais les pertes russes furent si lourdes que l'armée ne put plus lancer d'opérations majeures.
À Petrograd, Raspoutine, dont l'influence sur la famille impériale était décriée par certains aristocrates, fut assassiné, peut-être avec l'aide d'agents britanniques. La guerre pesait lourdement sur la Russie.
Les pertes au front étaient énormes, et la mauvaise gestion économique conduisit à l'inflation et à des pénuries alimentaires dans les villes. À Petrograd, la frustration des travailleurs déclencha des grèves et des manifestations.
Lorsque les troupes reçurent l'ordre de disperser la foule, elles refusèrent et se joignirent aux manifestants. Le gouvernement avait perdu le contrôle de la capitale.
À bord du train impérial à Pskov, des hommes politiques et des généraux de haut rang informèrent Nicolas II qu'il devait abdiquer pour éviter l'anarchie et la défaite. Nicolas II accepta et renonça au trône en faveur de son frère, le grand-duc Michel, qui refusa la couronne.
Après 300 ans de règne, la dynastie Romanov s'éteignait. La Russie était désormais une république.
Un gouvernement provisoire prit le pouvoir, mais fut incapable d'enrayer le chaos économique et militaire. Les ouvriers, les soldats et les paysans élurent leurs propres conseils, les soviets.
Le soviet de Petrograd, particulièrement puissant, devint un gouvernement rival. Les bolcheviks, dirigés par Vladimir Lénine, gagnèrent en popularité grâce à leurs promesses de paix immédiate, de redistribution des terres et de transfert du pouvoir aux soviets.
En octobre 1917, les bolcheviks, sous la direction de Léon Trotsky, lancèrent un coup d'État. Les gardes rouges bolcheviks prirent d'assaut le Palais d'Hiver, où se réunissait le gouvernement provisoire, et arrêtèrent ses membres.
Lénine et les bolcheviks étaient désormais au pouvoir. La Russie s'engageait sur une voie nouvelle et périlleuse. Inspirée par l'idéologie marxiste, elle allait tenter de créer le premier État communiste au monde.
Mais avant de pouvoir réaliser cet objectif, la Russie allait devoir traverser le chaos et les massacres d'une guerre civile sanglante. L'histoire de la Russie, une saga millénaire faite de triomphes et de tragédies, de héros et de tyrans, d'espoir et de désespoir, continue de fasciner et d'inspirer.
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